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Issus
de programmes lancés à la fin des
années 70 pour desserrer la contrainte
pétrolière, les biocarburants ont
actuellement plus de 20 ans de développement
industriel.
Encore aujourd’hui handicapés par un
coût trop élevé, ils semblent
de nouveau avoir un avenir prometteur car ils pourraient
permettre, dans le secteur des transports, une réduction
de la consommation de pétrole et une diminution
des rejets de gaz à effet de serre.
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quatre grandes catégories de biocarburants existent
: l'alcool, les esters et les huiles végétales.
L 'alcool, dit " bioéthanol
", est produit par la fermentation des sucres contenus
dans les plantes riches en sucre (betteraves, topinambours,
canne à sucre...) ou en amidon (pomme de terre,
céréales) ou encore dans les plantes ligneuses
(bois, paille...). Pour éliminer les difficultés
techniques liées au stockage de l'éthanol,
celui-ci est converti en un éther dérivé
de l'éthanol : l'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther)
en ajoutant de l'isobutène, un composant intermédiaire
issu de la pétrochimie.
L'économie réalisée sur les gaz
à effet de serre est de 1,4 tonnes d'équivalent
CO2/ tonne d'éthanol. L'ETBE a prouvé
son efficacité en matière de réduction
des émissions des moteurs au terme d'essais officiels
de l'Union Technique de l'Automobile, du Motocycle et
du Cycle (UTAC).
Les esters sont issus du mélange
avec un alcool d'huile de graines oléagineuses
(obtenue par pressage du colza et du tournesol) et sont
principalement développés sous la forme
d’EMHV (esters méthyliques d’huiles
végétales) destinés aux véhicules
diesel. La réaction obtenue produit un esther
et de la glycérine. Cet esther est nommé
" diester " par contraction des mots diesel
et esther. Les esters permettent d'additiver ou de compléter
le gazole routier ou le fioul de chauffage. L'impact
de cette filière sur l'effet de serre est particulièrement
intéressant. Elle permet d'économiser
2,2 tonnes d'équivalent CO2/ tonne d'ester.
Les huiles végétales
dont obtenues par simple pression à froid et
filtration de graines oléagineuses (colza, tournesol,
coprah, palme, soja, arachide). Une tonne de graines
de Colza fournit 0,3 tonne d'huile.
Le biogaz qui est produit par fermentation
méthanogène, grâce à une
digestion anaérobie (en l'absence d'oxygène)
de la biomasse. Cette digestion transforme les matières
organiques complexes en dioxyde de carbone et en méthane.
Les molécules de gaz sont facilement récupérées
sous forme de biogaz, composé de 60 à
70 % de méthane. Ce processus chimique présente
un très bon rendement énergétique.
Ce biocarburant fait appel à des technologies
simples, largement utilisées pour le traitement
des eaux usées et des déchets organiques
ménagers.
En matière agricole, l’intérêt
des biocarburants s’est révélé
lors de la réforme de la PAC de 1992 qui a autorisé
les cultures à vocation non alimentaire sur les
15% de jachère qu’elle rendait obligatoires.
Puis il a été admis que les biocarburants
pouvaient aussi être produits hors jachère
et une aide communautaire de 45 €/ha a même
été mise en place.
Dans le contexte de la nouvelle réforme de la
PAC et plus particulièrement de la révision
des accords sur le sucre, le développement de
la production de biocarburants devient une alternative
de plus en plus intéressante pour les agriculteurs
: il représente un
débouché de leur production sur le marché
européen et pourrait leur apporter un revenu
relativement stable au regard des aléas du marché
mondial.
En ce qui concerne l’effet de serre,
la reconnaissance de l’intérêt des
biocarburants est liée au fait que le secteur
des transports est celui dont la contribution à
l’augmentation des émissions de gaz à
effet de serre est la plus rapide et qu’il y a
peu de solutions disponibles pour contrebalancer cette
évolution. A ce titre, le développement
des biocarburants est un point essentiel du Plan Climat.
On estime généralement que la filière
EMHV dégage 3,3 fois moins de gaz à effet
de serre à PCI égal que la filière
gazole et la filière éthanol 2,5 fois
moins que la filière essence. Sur la base de
la valeur généralement admise de 100 €
par tonne de carbone évitée, la valeur
économique du gain effet de serre s’établit
à 50 € par m3 d’EMHV, 30 € par
m3 d’éthanol et 45 € par m3 d’ETBE,
quand on prend en compte les consommations énergétiques
intermédiaires nécessaires à la
fabrication des biocarburants.
En ce qui concerne l’indépendance énergétique,
les biocarburants actuels ne peuvent, compte tenu des
surfaces qui seraient nécessaires pour une substitution
massive aux carburants fossiles, que fournir une contribution
modeste à la sécurité énergétique
du pays en cas de crise.
Avec de nouveaux types de biocarburants, produits à
partir de plantes entières ou de bois (biomasse
ligno-cellulosique), on peut imaginer une contribution
plus importante qui pourrait, selon certains, atteindre
plus de 25% à long terme.
Cependant, il faudrait pour cela que le prix de fabrication
et de distribution des biocarburants soit compétitif
par rapport à celui de produits pétroliers
équivalents, déduction faite de leur contribution
à l’effet de serre. Or, même au prix
actuel du pétrole, les biocarburants ne permettent
pas, avec les techniques actuelles, d’abaisser
la dépense du consommateur.
Il en ressort que, dans les conditions actuelles du
marché français, le prix de revient de
l’EMHV à PCI équivalent, tel qu’il
a été estimé par la mission devient
compétitif pour un cours du baril de 75 $ et
celui du bio-éthanol incorporé directement
pour un cours du baril un peu supérieur à
90 $, sans prendre en compte le surcoût des bases
essence. |

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